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Il y a tout d’abord cette couleur qui interpelle par son intensité chromatique, un succédané de sang qui irradie dans une pièce immaculée. Puis le nombre de peintures, treize, disposées de façon quasi circulaire, et représentant toutes des figures féminines dans des poses singulières. On sent comme une certaine animalité parfois dans ces nus teintés de rouge, mais chaque peinture dévoile un caractère propre et différent. Souvent les traits ne sont qu’esquissés, ce qui renforce cette impression brute d’évanescence et d’évocation… Il s’agit surtout de capter et de modeler au delà d’une vision. Chaque titre suggère d’ailleurs un prénom inventé (Ferretine, Ramonde) comme pour nommer une aura ou une attitude.

Cette exposition succincte mais captivante accompagne l’acquisition récente par le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris d’une toile grand format, Yvie et Sauve, de Claude Garache.

Jusqu’au 24 juin 2012, entrée gratuite.

British Museum

28 avril 2012

Octobre 2011, Londres.

Jardins Albert Kahn

24 avril 2012

Février 2012.
Boulogne-Billancourt.

Comme toujours avec ce groupe, il est difficile de trouver les mots qui semblent adéquats pour décrire l’émotion que suscite leurs concerts. Certes, nous sommes conquis d’avance mais rien ne saurait être comparé au moment où l’on assiste, captivés, au concert lui-même. Les titres s’enchaînent avec une intensité et une intériorité qui touchent toujours autant. C’est habité, profond, élégant. Et bien entendu, cela passe trop rapidement. Tout ne semble qu’un songe sublime d’où il faudra bien revenir. Alors restent le souvenir, ô combien précieux, quelques photographies et ce nouvel album qui tourne en boucle.

Setlist : Prince Rupert, The Beautiful Silence, Shaletown, Hunter Not The Hunted, What’s Lost Finds, The Legend of Mucklow, Burn Down This Town, Dialogue, Rive Droite, The Woman On The Estuary, Only, Vincent Craine, Whisky Bride, A Room Lives In Lucy — Rip Ridge, Angel Devil Man And Beast, The Untangled Man — Gone Like The Swallows

Venise (2ème série)

7 février 2012

L’appareil photo n’est pas le même (un simple compact, l’occasion idéale pour expérimenter le format 1:1). On pourra aussi juger des possibilités de l’effet Toy Camera. Mais sans doute ne faut-il pas abuser de ce dernier.

Venise

22 janvier 2012

L’adage est bien connu, on retourne toujours à Venise un jour ou l’autre. On se remémore son pouvoir de fascination, les ruelles étroites, les innombrables ponts, les évocations mystérieuses à chaque coin de rue et l’on pense : oui, ce serait agréable de vagabonder à nouveau le long des canaux et de prendre le temps de s’imprégner des différentes ambiances… Alors on se décide pour de bon et le jour du départ qui approche est synonyme de joie et de légèreté.

Puis vient le voyage proprement dit ainsi que l’arrivée. Tout se passe comme prévu et le temps de prendre un vaporetto qui descend le Grand Canal pour se délester des bagages, on se projette déjà dans l’exploration systématique de ce formidable labyrinthe qu’est la ville… Sauf qu’une fois sur l’eau, c’est un véritable choc. La profusion de palais baroques ou gothiques sur les berges, les couleurs, cette impression de grandiose qui émane de l’ensemble… A cet instant la mémoire et les souvenirs ne sont rien. Ils ne sauraient restituer aussi intensément tant de beauté et de splendeur. C’est une véritable redécouverte. Et lorsque nous remettons les pieds sur la terre ferme nous sommes comme hébétés, et faut-il le préciser, plus enthousiastes que jamais.

En se baladant, l’abondance des détails architecturaux frappe. Aussi loin que porte le regard, il y a toujours une façade aux fenêtres vénéto-byzantines, un ancien puits sculpté, une patère étrange encastrée dans un mur décati qui nous attirent irrémédiablement… L’attention se doit d’être constante sous peine de manquer quelque chose de pittoresque (et ce n’est pas ce qui manque) et qui participe pleinement au charme de la cité, par nature insaisissable. Il faut laisser voguer son inspiration et se perdre volontairement dans la ville pour goûter sans réserve à ses trésors cachés. Le caractère secret joue un rôle important ici. Complices, nous acceptons ce jeu de piste où les choses ne sont pas toujours ce qu’elles semblent être : un passage dérobé et interminable aboutit parfois à une impasse mais peut aussi mener à des très belles cours totalement silencieuses et oubliées, des trouvailles qui relèvent en quelque sorte de la magie (incertitude, surprise). Même éblouissement lorsqu’on s’éloigne à peine d’une artère très touristique : en bifurquant une ou deux fois au hasard, plus aucun son ne nous parvient et l’alignement des portes fermées, souvent ornées, sont autant d’invitations au romanesque.

La tombée de la nuit achève de nous plonger dans un univers éminemment romantique. L’éclairage public étant minimal, le ciel et les canaux se confondent et les illusions se multiplient. Il n’est plus question de détails mais d’atmosphère. Un nombre très important d’appartements paraissent inoccupés. J’imagine qu’à l’instar des métropoles, vivre dans le centre n’est pas donné à tout le monde. A moins qu’investir à Venise de nos jours ne soit pas très porteur sur le long terme. Toujours est-il que vers 18 heures, on se croirait résolument seuls au monde et évoluant dans un décor de théâtre immense, presque issu d’un rêve. L’unique simulacre de vie se retrouve dans les masques de carnaval des vitrines, à la fois expressifs et extravagants. Ce n’est que sur la place St Marc, bien plus tard, que nous croisons à nouveau des gens qui bravent le froid pour venir admirer une des places les plus mythiques qui soient. On est loin de la cohue, parfaitement logique, qui y règne en journée.

Une partie de l’attrait que suscite Venise tient bien sûr de la magnificence de ses palais (en particulier le palais des Doges). On peut aussi penser à la grande renommée artistique de la Renaissance au Baroque, à son histoire millénaire. Mais sans doute son atout le plus précieux réside-t-il dans sa faculté à enflammer l’imagination. Les sources sont inépuisables et les possibilités multiples. Une ville sans automobile, ce n’est déjà pas banal. La confluence entre prestige, bizarreries de l’urbanisme d’époque, vestiges énigmatiques réutilisés et l’action du temps qui passe inexorablement participent au mythe.

A noter que les petites îles au nord (uniquement accessibles en bateau) valent d’être visitées : Burano, connue pour ses maisonnettes multicolores – un véritable festival – et Torcello au calme inquiétant. Cette dernière mérite qu’on s’y attarde un peu tant son aura est particulière. On y vient surtout pour la cathédrale bâtie au VIIème siècle dont les mosaïques magnifiques sont à la fois inspirées de l’art byzantin et roman. La sobriété du lieu inspire le respect (rien à voir avec le faste de l’intérieur de la basilique St Marc). Mais le reste de l’île semble impénétrable et sauvage. Très peu de personnes vivent encore ici, le silence prédomine, d’ailleurs tout est fermé. On découvre quelques fragments de bas-reliefs et des statuettes érodées aux abords de la place principale. Le sentiment d’isolement est toujours aussi tangible quoi qu’on fasse : une végétation touffue se dresse sur une partie de l’île, l’horizon, quant à lui, donne sur de maigres bancs de sables qui émergent de la lagune, et seule la navette qui assure la liaison avec Burano passe par l’embarcadère. Il va sans dire qu’une pointe d’angoisse surgit instantanément à la pensée de manquer la dernière.

Balades en Auvergne

5 janvier 2012

Cette série date de l’été dernier et se focalise sur les éléments et sur les panoramas désertiques qu’offre cette région d’exception : le calme y est imposant et les paysages particulièrement avenants. Il est certain que quelque chose de primordial et de profond se dégage de ces reliefs d’où l’on se demande bien ce qui pourrait nous atteindre.

Nils-Udo, Nature

25 juillet 2011


L’Adresse (le musée de la Poste) propose, depuis le 30 mai 2011, une rétrospective consacrée à un artiste allemand habituellement rattaché au courant du Land Art : Nils-Udo. L’artiste, qui se défend d’une telle filiation, réalise pourtant des installations en pleine nature et utilise exclusivement des matériaux découverts sur place : fleurs, bambous, pierres…  Par contre sa démarche se veut avant tout un hymne dédié à la nature elle-même, il ne cherche nullement à l’exploiter mais au contraire à la magnifier.

L’exposition qui reprend une soixantaine d’oeuvres est aménagée en deux parties distinctes : tout d’abord les photographies grand format qui documentent les installations éphémères, puis la peinture avec laquelle Nils-Udo a renoué récemment. Pour être parfaitement honnête, je n’ai guère adhéré au style pictural des toiles (d’autres apprécieront assurément), trop aventureuses dans le choix des couleurs et trop éloignées, à mon goût, de l’harmonie qui se dégage des photographies. Quelques peintures demeurent néanmoins engageantes mais souffrent de la comparaison inévitable.

Il faut dire qu’au-delà des images, les installations se révèlent être un manifeste très efficace : maison d’eau, nid géant, bambous disposés en cercle, fissures de lave bordées de pétales… On pourrait imaginer les liens profonds et ancestraux véhiculés à travers tout un tissu de croyances. Mais sans doute une telle cosmogonie ne serait-elle pas pertinente face au désastre écologique moderne. Voici en réalité le véritable thème des productions de Nils-Udo : la place de l’homme dans la nature. S’il est rarement figuré, l’ombre dangereuse de celui-ci plane constamment sur le mécanisme de la nature à l’oeuvre. Ainsi l’artiste arrange divers éléments de manière onirique et nous rappelle que la beauté est née en substance du paysage.

Jusqu’au 1er octobre 2011
34, bd de Vaugirard, Paris 15ème

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